Instants

Publié le 18 Avril 2016

Instants

A l'instant où j'écris ces mots, la pièce est baignée de lumière, c'est sublime, comme une dernière pettie percée entre deux nuages, avant la nuit. Je crois que ça fait partie de mes instants préférés. Et aussi, quand il se lève, le soleil. Ce matin, sur la pointe des pieds, je suis allée ouvrir la fenêtre, les piaf faisaient déjà un de ces boucan dans les arbres.

Plein de choses bougent en ce moment, et je ne prends plus le temps de venir ici. J'ai tellement de choses et d'envies que je les note dans des carnets, de jolis carnets, je répertorie, je classe, je planifie, je rature, j'oublie, je me dis que ça sert à rien, j'écris quand même. J'écris mal, partout, j'efface. Je recommence. Et puis, un jour, quelque chose prend forme. Xenia Tchoumitcheva, dans une conférence Tedx, explique que dessiner ou écrire nos envies, nos rêves, appelez ça comme vous voulez, permettraient à notre cerveau de trouver un moyen pour atteindre ces objectifs, à terme. Comme si le fait d'oser coucher ça sur papier nous permettaient de créer et mettre en place les moyens et les circonstances qui nous amèneraient à nos objectifs. Mais pas forcément de la manière dont on le veut ou dont on l'imagine. Une part nous échappe. Alors voilà. J'ai écrit des tas de choses ces derniers temps, des bouts de phrases, des mots, des listes et des listes. Des choses inutiles, d'autres plus utiles. Au début, pour m'amuser, ensuite, par nécessité. J'ai noirci des pages, une à une. C'est chouette de voir les choses prendre forme et peu à peu voir émerger de tous petits détails insoupçonnés, de toutes petites envies, et des plus grandes. Jusqu'à se dire un jour "mais pourquoi je n'y ai pas pensé avant ? C'est ça que je veux faire." Comme une évidence.

Quelque chose s'est mis en marche. Je ne sais pas trop de quelle manière, mais je me suis retrouvée, entre autres, sur un tapis de yoga un soir à enchaîner des postures aux noms d'animaux. Mon tout premier chien tête en bas, j'avais l'impression d'être aussi gracieuse qu'un zèbre à qui on aurait écarté les pattes. Depuis, je m'assouplis, mon cobra prend forme, et mon quatre pattes devient de plus en plus mignon. Ce premier soir, à la fin du cours, la prof nous a proposé de piocher un mot dans une boîte en carton, ce mot serait un peu le "symbole" si on peut dire du mois à venir. Je me suis penchée vers la boîte posée à terre, ai glissé mes doigts parmi les petits cartons, au hasard, j'ai pioché... Et j'ai lu le mot. Et j'ai souri. Un autre n'aurait pas mieux convenu.

Je me suis relevée, j'ai roulé le tapis, j'ai attrapé mon sac. Dans le vestaire, je me demandais encore pourquoi j'avais mis tant de temps à m'inscrire, alors que j'y pensais depuis... Je suis repartie un grand sourire aux lèvres. Peu importe les raisons, c'est passé, maintenant j'y suis. 

Rédigé par Magali

Publié dans #carnet d'humeurs

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