"'Les chatouilles", la danse, la colère

Publié le 24 Février 2017

"'Les chatouilles", la danse, la colère

Il y a eu des années où j'allais voir beaucoup plus de spectacles, surtout du théâtre, c'était les années où je prenais des cours et quand j'ai arrêté, et bien j'ai tout arrêté, je crois ne plus avoir mis un pied dans une salle pendant quelques temps à ce moment-là, probablement que j'avais besoin de vivre d'autres choses pendant un petit temps, et respirer un autre air, connaître d'autres espaces et d'autres univers. Et puis, un jour c'est revenu. Un titre, une histoire, un nom, m'ont peu à peu redonné envie d'y retourner voir, du théâtre, mais aussi des concerts, de la danse. Et à chaque fois je pense mais pourquoi je n'y vais pas plus souvent ! Ce qu'on ressent dans une salle n'a tellement RIEN à voir avec ce qu'on ressent au cinéma, c'est tellement unique de voir un artiste sur scène. Et puis, j'ai commencé la danse dans des cours pour adultes il y a quelques mois, et mon envie d'en voir et d'en faire et d'en voir et d'en bouffer n'a fait que grandir grandir grandir. Alors quand on m'a proposé d'aller voir "Les chatouilles", j'ai sauté sur l'occasion. Je n'avais pas du tout entendu parler de cette pièce, alors qu'elle se joue depuis des années déjà. L'auteur a reçu le Molière 2016 du seul en scène, entre autres, parce qu'elle a reçu d'autres prix.  "Les chatouilles", ce n'est pas que du théâtre, c'est de la danse aussi, c'est surtout de quelle manière la danse a sauvé une enfant de l'insupportable. Reprenons depuis le début, le spectacle est donc un seul en scène et s'appelle "Les chatouilles (ou la danse de la colère)", créé et interprété par Andréa Bescond. L'actrice-danseuse raconte sa propre histoire, sous le nom d'Odette, qui, enfant, a été victime d'abus sexuels pendant des années par un ami de la famille. Voilà, à partir de là, sous cette perspective, le titre de la pièce prend un tout autre sens. Certains passages font froid dans le dos, mais au moment où ça pourrait devenir lourd, l'humour arrive en force, et il y a les éclats de rires qui fusent dans la salle, et il y a la danse, il y a le corps qui prend le relais quand les mots ne peuvent plus dire. Les moments de vie se superposent, on passe du passé au présent, des souvenirs au bureau de la psy, de l'imaginaire où le père viendrait la sauver à la réalité plus crue de la mère qui se barricade et ne peut littéralement pas voir et entendre ce que vit sa fille, au milieu il y a le personnage haut en couleur de la prof de danse, comme une respiration, comme ce qu'est d'ailleurs la danse, une respiration. C'est hyper bien fichu, j'ai adoré le jeu, on ne se perd jamais dans le temps alors qu'on saute d'un moment à l'autre, dans un regard, un mot, un geste, on sait tout de suite où l'actrice nous ramène. Et puis la fin, non mais cette fin, je ne dis rien, ce serait un spoiler qui viendrait tout gâcher. Je crois que je n'avais jamais pleuré au théâtre. C'est une magnifique histoire de résilience, c'est subtil, c'est beau, saisissant, j'ai même pas assez de mots pour en parler, je suis sortie soufflée, et en même temps curieusement pas effondrée par la lourdeur du sujet, mais au contraire, pleine de force, ce spectacle donne de la force, c'est une merveille. Voilà.

Il y avait donc deux dates à Onex près de Genève, hier soir et ce soir encore, vendredi, et puis j'ai aperçu qu'il y avait des dates en France au printemps, et un tournage est prévu bientôt pour une adaptation au cinéma. Ici, Andréa Bescond raconte son histoire à Frédéric Lopez.

Rédigé par Magali

Publié dans #Culture en vrac, #Genève

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Angelilie 07/04/2017 18:09

beau blog. un plaisir de venir flâner sur vos pages. une découverte et un enchantement.N'hésitez pas à venir visiter mon blog. au plaisir

Magali 20/04/2017 23:11

Merci beaucoup pour ce commentaire :-)