13 reasons why

Publié le 11 Mai 2017

13 reasons why

Je me suis décidée à regarder la saison 1 de 13 reasons why à force d'en entendre parler ici et là, c'est un peu la LA série Netflix du moment.

C'est l'histoire de Hannah Baker, une lycéenne, qui se suicide et laisse une boîte remplie de cassettes destinées à plusieurs personnes. Ce n'est pas un sujet tout léger mais la réalisation fait qu'on arrive à regarder sans trop de peine, ce n'est pas lourd même si on sait très bien comment ça va se terminer. Enregistrer ces cassettes est une façon pour Hannah de démêler les choses et comprendre ce qui s'est passé dans sa vie pour en arriver là. Certains y voient un aspect hyper culpabilisant pour les autres. Pour ma part, oui peut être mais j'y vois plus une façon de laisser un message et dire aux autres tout ce qu'elle n'a pas su, pas pu leur dire. On part donc à la rencontre d'Hannah, à travers l'écoute des cassettes, et la découverte de ce lycée où se jouent des tas de choses pas bien cool. Après avoir fini les 13 épisodes en 3 jours, j'étais très très partagée, parce que la série aurait pu être vraiment bien mais il y a quelques éléments que je n'ai pas aimé, notamment les personnages tous très stéréotypés. Pourtant avec le recul, maintenant que cela fait plus d'une semaine que j'ai regardé, je pense que c'est une série qui vaut la peine d'être vu. Les sujets soulevés sont intéressants, le sexisme ordinaire, la vision du corps des femmes dans notre société, la question du viol, et aussi du harcèlement scolaire, le cyber harcèlement, et l'impact que tout cela peut avoir sur une jeune fille qui se construit. Le documentaire Beyond the reasons en toute fin de saison, décortique un peu toutes ces questions et permet de saisir mieux ce qui peut nous échapper pendant les 13 épisodes. Au-delà du sujet du suicide, c'est aussi une série sur l'adolescence, sur le rapport entre ados et les micro-agressions des lycéens entre eux, d'ailleurs est-ce qu'une agression peut être "micro"?, sur les faits anodins qui peuvent dévaster, et aussi sur la difficulté à communiquer entre ado et adultes, sur les signes de mal être qui échappent aux autres. J'ai beaucoup aimé le jeu de l'actrice, on sent complètement la dégringolade à travers les traits même du visage d'Hannah, et ses réactions imprévisibles, un va et vient entre "je m'ouvre" et je me referme aussitôt de peur qu'on me fasse du mal encore, et cette tendance à rejeter l'autre même si l'autre essaye d'aider. Spoiler, j'ai aimé l'entretien de fin entre Hannah et le conseiller du lycée (travailleur social ?), point clé de toute l'histoire, j'aime comme il l'écoute et comme il marche sur des oeufs, j'aime ce moment sensible où il lui pose des questions pour essayer de l'aider mais qui ne font que la culpabiliser et se refermer aussitôt.

J'étais moyennement convaincue en ayant fini, et puis, l'histoire et des images me sont restées scotchées dans la tête avec une espèce de tristesse bizarre qui a mis du temps à disparaître, c'est là que j'ai compris que la série avait touché son but peut être, marquer et sensibiliser, au delà des personnages clichés, des choses que j'ai moins aimé, ce qu'il me reste en tête, c'est les questions essentielles que pose la série.

Rédigé par Magali

Publié dans #Séries tv, #Culture en vrac

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