La beauté des erreurs

Publié le 23 Septembre 2017

La beauté des erreurs

J'ai lu une phrase dans le dernier numéro de Flow : "Aujourd'hui que mon perfectionnisme a rendu les armes, je suis en mesure de voir la beauté des erreurs." Comme ça me parle. Ça n'a pas toujours été le cas. Je pense que pendant des années, ça m'a empêché de faire plein de choses, le perfectionnisme. Avant même de commencer quelque chose, je pensais aux efforts qu'il faudrait fournir pour que ce soit parfait, et dans le même temps, je savais que parfait ça n'existe pas. Alors avant même d'avoir commencé quoi que ce soit, j'étais déjà un peu déçue par le résultat que je serais incapable d'obtenir. Ce qu'on fait n'est jamais assez. C'est un peu ça que ça veut dire être perfectionniste. Ça m'a pris du temps pour comprendre que le perfectionnisme empêche d'avancer. Dans un processus créatif, ça fait foncer droit dans le mur. L'écriture, par exemple. Il m'est arrivé de retoucher certains textes, de modifier jusqu'à trouver la tournure parfaite, le mot juste, dire la chose impeccablement bien. Sauf que ce n'est jamais impeccable. Ce n'est jamais parfait, parce que c'est impossible. Une création parfaite, par définition, ça ne veut absolument rien dire. Ce qui touchera l'un agacera l'autre, ou ce qui plaira à l'un décevra l'autre. Je finissais par publier des textes sur le blog ou sur Ladies Room en n'étant jamais tout à fait satisfaite. Avec le temps, j'ai appris à lâcher prise. Good is good enough. J'ai appris à accepter d'écrire sans chercher la perfection, qui, j'avais fini par le comprendre, n'existe pas. Le perfectionnisme, c'est l'incapacité à montrer un bout de soi -parce que créer c'est un peu ça, montrer un bout de soi- tant que ça n'est pas parfait. Il n'y a rien de vraiment modeste là-dedans quand on y réfléchit bien.

Au printemps dernier, je me suis inscrite à un atelier d'écriture et de peinture, le genre de truc que j'aurais jamais osé faire avant, même s'il était bien précisé qu'aucune expérience n'était demandée. Un atelier de ce type, c'est soit un terrain de jeu, soit l'enfer, selon notre rapport au perfectionnisme. Il n'y a pas pire qu'un tel environnement créatif. Parce qu'on s'aperçoit bien vite qu'on n'a pas un contrôle total sur le résultat. Alors on était là pour fabriquer un carnet, à partir de textes et de monotypes, avec un thème de départ. Par je ne sais quel mystère, je me plantais tout le temps dans ce que je voulais faire, je faisais tout à l'envers. Le dernier jour en arrivant, j'étais loin d'avoir fini. Et puis un déclic. Puisque j'étais là pour m'amuser, autant faire quelque chose que je ne m'étais jamais permise de faire. J'ai décidé de saisir chaque idée qui se présenterait à moi, ça allait bien me mener quelque part. Tan pis pour ce que j'avais prévu, parce que de toute façon, ce que j'avais prévu c'était de faire les choses à l'endroit et visiblement ça ne marchait pas. Les dessins à l'envers, le texte que je tapais à la machine et qui se retrouvait sur le mauvais côté de la feuille - à croire que je le faisais exprès mais non- , très curieusement, tout ça a fini par s'assembler d'une manière plus cohérente que si je ne l'avais cherché. Et ça, c'était incroyable. En m'ouvrant à la possibilité que les erreurs étaient peut être là pour une raison, j'avais créé un truc qui avait du sens. J'aurais pu refuser ce qui se présentait à moi, mais je n'aurais pas donné vie à la petite idée, la petite chose qui semblait bien décidée à naître à travers tout ça. Cela dit, je ne dis pas de ne pas se battre pour construire ce que l'on a en tête, mais parfois, en y regardant de plus près, la "mauvaise" tournure d'une chose a bien une raison d'être. Les erreurs sont parfois de fabuleuses opportunités, il pourrait bien naître quelque chose d'encore mieux, encore faut-il se donner le droit de ne pas être parfait, et de se tromper.

La beauté des erreurs

Rédigé par Magali

Publié dans #carnet d'humeurs

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Commenter cet article

Caroline 24/09/2017 10:22

Bonjour Magali ! la lecture de votre texte m'a fait du bien...." avant même d'avoir commencé quoi que ce soit, j'étais déjà un peu déçue par le résultat que je serais incapable d'obtenir"...oui, je connais ce sentiment qui fait que j'en arrive à laisser tomber avant d'avoir essayé..je n'avais pas penser que c'était dû à un besoin de perfectionnisme. Cela me parle et va me faire réfléchir. Merci pour votre texte et pour le titre que vous avez choisi. Belle journée à vous !

Magali 24/09/2017 12:12

Bonjour Caroline, merci pour votre commentaire ! Je suis heureuse de savoir que la lecture de ce billet a pu vous faire du bien :)
Une belle journée à vous !

Emeline 24/09/2017 09:28

Le perfectionnisme... mon meilleur "ennemi" a moi aussi...