a new day

Publié le 30 Septembre 2012

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Photo Lee Miller, par Man Ray

Quand on est malade, qu'on est presque guéri, il y a cette phase frustrante où l'on n'est pas encore assez solide pour reprendre une vie tout à fait normale, mais où l'on a assez de force pour recommencer à faire de petites choses, et où l'on se dit qu'on pourrait presque reprendre cette vie normale qui nous manque tant mais non, en fait non, on est pas encore assez fort pour ça. Alors on attend. C'est long d'attendre, c'est très long d'attendre quand on a déjà attendu de guérir.

Je n'ai pas vécu le départ de l'été, pas vécu l'arrivée de l'automne. Je me suis comme réveillée un jour, comme si j'avais dormi tout ce temps. Le temps s'est arrêté. Dans ma tête, c'est toujours l'été. Dans ma tête, il fait chaud encore, je pourrais me glisser peut être dans cette jolie robe à fleurs, puis ouvrir les fenêtres en grand et sentir l'air chaud du mois d'Août. Mais c'est la pluie qui me ruisselle sur le visage. J'ai envie de me réveiller le matin avec la lumière du soleil mais maintenant, le matin, il y a du brouillard au loin, je ne comprends plus rien. Je me réveille et je me retrouve en automne. J'hésite parfois à demander aux gens que je n'ai pas vu depuis longtemps s'ils ont passé un bel été. Comme si c'était la rentrée. Mais la rentrée est loin déjà, enfin, il me semble. Et je me souviens qu'on est presque au mois d'Octobre. Tout le monde le sait. Je viens de l'apprendre.

J'aurais presque envie de lire un livre, ces livres qu'on a envie de lire en été, parce que l'histoire est légère. J'aurais presque envie de manger des glaces, boire de l'eau bien fraîche, toutes ces choses qu'on fait en été. Je n'ai pas eu d'été. Enfin, pas vraiment. Je ne parle pas nécessairement de vacances, mais de vivre l'été, de le sentir, de le ressentir, de le laisser partir, et puis d'avoir envie de fraîcheur parce que là, c'est bon, on a eu assez chaud maintenant. C'est comme si on m'avait enlevé quelque chose.

Tout ce temps, j'ai pensé à la maladie, surtout à celles qui font peur. A ce qu'elles peuvent provoquer dans une vie, le retentissement. Le choc. J'ai réfléchis. J'ai imaginé. J'ai inventé des scénarios catastrophes.  J'ai eu peur. Et puis, finalement, rien de catastrophique n'est arrivé.

J'ai juste oublié les plaisirs simples, les banalités du quotidien, les futilités, tout paraissait si vide de sens tout à coup, mes passions, mes projets, même voyager ne me faisait plus rêver. Ma santé était devenue ma nouvelle obsession.

On n'est pas si fort que ça finalement, on croit que tout va bien et puis... Tout peut basculer. Maintenant je sais que je ne suis pas invincible. Je le savais, mais on ne le sait jamais vraiment avant d'en avoir la preuve.

Je regarde par la fenêtre, je me suis réveillée, un peu avant Octobre. C'est mon mois, ma saison. J'aime l'automne. Bientôt c'est mon anniversaire. Je me suis réveillée à temps.

Rédigé par Mimi

Publié dans #un peu de moi (dedans)

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anne 30/09/2012 16:29

No more sun but the smell of the rain and reds leaves in the forest...welcome to the rythm of the rain..............Love and kisses