de tendres instants

Publié le 21 Mai 2013

Shanghai 2012 579

 

L'autre jour dans le bus, alors que j'étais totalement perdue dans mes pensées sur je-ne-sais-plus-quoi-je-ne sais-plus-qui, une maman est montée avec sa petite fille. De la poussette, est arrivée à mes oreilles un sifflement bizarre. Un peu désagréable même. 5 têtes se sont retournées, dont la mienne de tête, l'air de dire "mais c'est quoi ce bruit?" (ou plutôt "mais oh ça va s'arrêter oui ce boucan ?!") La maman a alors dit à sa fille "Bon alors "ça" je vais te le prendre le temps du bus, parce que ce n'est pas forcément agréable pour les autres personnes ici".

Je crois que c'était une espèce de sifflet qui faisait un bruit de roue coincée, d'ailleurs on a tous cru je pense que c'était la roue de la poussette qui faisait ce bruit. En fait, c'était le jouet de la fillette.

On a tous souri, ri même. Ri du décalage de situation entre ce qu'on avait cru (le bruit d'une roue qui couine) et l'air de la petite (l'air innocent qu'elle affichait en soufflant dans son tout petit bout de plastique qui faisait un bruit d'enfer). C'était touchant cette connivence entre passagers.

Et puis 1 minute s'est écoulée et la petite, comme si elle réagissait tout à coup :

- Alors maman qu'est-ce qu'on peut faire ?

- On peut parler. Et puis dès qu'on descend, je te rends ton jouet.

J'ai trouvé ça adorable, cette petite qui demande tout simplement, tout naturellement, sans se plaindre, d'une voix posée, comment elle peut s'occuper si elle n'a pas le droit d'avoir son jeu. Comme si elle avait compris, bien saisi, que ça ne servait à rien de contester, mais qu'il y avait forcément autre chose qu'elle avait le droit de faire et que ce n'était pas la peine de s'accrocher à ce qu'elle n'avait pas le droit de faire. Puisqu'elle n'avait pas le droit de le faire. Point.

Et sa maman qui lui répond "on peut parler". C'est vrai ça, on n'est pas obligé de s'occuper sur IPhone ou tablette. De s'occuper chacun dans son coin, on peut... parler. Ensemble. Ce "on peut parler" d'une maman à sa fille, c'est bête mais j'ai trouvé ça drôlement beau. Je pense que je n'étais pas le seule à trouver ça beau. Tout le monde avait le sourire aux lèvres pendant plusieurs minutes. Cétait un tendre instant à saisir au vol.

Shanghai 2012 576

 

** Les "instants" de ces photos n'ont absolument rien à voir avec le texte. Je les ai prises dans une rue de Shanghai lors de mon voyage il y a un an. Je suis retombée dessus alors que je cherchais des images pour illustrer cet article. Elles me rappellent une des bonnes choses que j'aime en Chine. Quand on prend des photos dans la rue, comme j'aime le faire, des photos de personnes, visages, allures, tout ce qui me tape dans l'oeil, et d'enfants aussi, et que le parent de l'enfant nous voit de loin cadrer sur le gamin, notre premier réflexe est de tourner l'appareil, tout gêné, et de regarder ailleurs, genre... comme pris en flagrant délit. Pourtant le premier réflexe du parent chinois, c'est, tout fier, de demander à son enfant de prendre la pose pour nous. Alors s'ensuivent en général un échange de sourires et 2, 3 photos du petit ...

Sur ce, bon mercredi (jour des enfants, c'est de circonstance).

Rédigé par Mimi

Publié dans #carnet d'humeurs

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