jerk

Publié le 10 Février 2012

J'ai connu un type comme ça. Il me disait qu'il aimait épier ses voisins. Ils avaient une petite vie. Soi disant qu'ils ne faisaient rien d'intéressant, lui devant la télé, elle devant l'évier, les mains dans l'eau mousseuse, encore ça aurait été celle du bain, mais non, tu vois, la vaisselle elle fait tout le temps, ils ne font jamais rien d'autre que des choses banales, ils ne baisent jamais sur le canapé ou sur le carrelage de la cuisine, j'imagine qu'ils le font dans la chambre, mais la chambre je ne vois pas ce qui s'y passe de ma fenêtre. Ah, répondis-je. L'horreur, quelle vie de merde, me disait-il. Le type avait une manière bien à lui de concevoir la vie. Il vivait  une vie en laquelle il croyait de toutes ses forces. Moi je n'y croyais pas en sa vie. Certains aspects me donnaient même la nausée. Je n'ai jamais osé lui dire.

Il pensait que ses voisins ne s'amusaient pas. Je n'ai pas osé lui demander s'il s'amusait lui, s'il s'amusait mieux ou plus intelligemment. C'était son point faible l'intelligence. Il se pensait très intelligent. Il pensait avoir une intelligence de la vie que peu de gens ont. Je pense qu'il avait quelque chose oui, quelque chose de différent. Il voyait les relations humaines autrement, il relativisait ce que la plupart des gens considèrent avec attention. Et il donnait plus de considération à des choses qui passent  sous le nez des gens.  Mais avec le temps, cette immense intelligence des rapports humains avait fait de lui une personne difficile. Il était devenu un connard prétentieux.

Rédigé par Mimi

Publié dans #carnet d'humeurs

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article