La confession de Norma Jean Baker

Publié le 2 Mars 2012

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Il y a quelques jours, je vous parlais de Confession Inachevée de Marylin Monroe. Epuisé depuis plus de 30 ans en France et réédité, ce livre est un des seuls où c'est Marylin elle-même qui se raconte. Ben Hecht retranscrivait les paroles que Marylin lui dictaient, mot pour mot. C'est la voix de l'actrice qui nous raconte sa vie, en passant par toutes les étapes, toutes les rencontres heureuses ou malheureuses, depuis une enfance extrêmement difficile jusqu'aux premières heures de gloire.

En lisant le livre, on se laisse doucement embarquer dans les pérégrinations psychologiques de MM et on a parfois l'impression d'entendre cette voix douce et rauque à la fois, si typique, nous raconter ses désillusions et ses déceptions.

On y apprend que Marylin crevait la dalle les premières années à Hollywood, qu'elle bataillait pour essayer d'obtenir de tout petits rôles et n'était pas du tout excitée à l'idée de se pavaner dans des soirées mondaines pour rencontrer producteurs et réalisateurs. Elle était mal à l'aise au milieu des gens la plupart du temps. Inculte, elle le dit elle-même, elle ne prenait que très peu part aux discussions car elle ne savait rien sur rien, n'était allée nulle part dans sa vie. Elle voulait dévorer les livres et apprendre le métier d'actrice. Ah oui, et on y apprend aussi des choses marrantes. Elle était jugée par les studios comme "pas du tout photogénique". 

On y apprend aussi des choses assez fascinantes, comme la création même du personnage de Marylin Monroe. Norma Jean avait 13 ans quand elle s'est aperçue de l'effet qu'elle pouvait produire sur les hommes, et même les femmes, elle savait que cette fille là n'était pas la petite Norma si effacée d'habitude. D'où lui venait cette attitude décomplexée, ce déhanché sensuel et cette aura qui faisaient se retourner toutes les têtes des hommes sur son passage quand elle le voulait?  Elle dit ne pas savoir qui était cette fille là, mais qu'elle savait que ce n'était pas elle, Norma  Jean. Un jour elle se servirait à nouveau de ce personnage, de cette fille décompléxée. Le reste appartient à l'histoire...

L'actrice confie ses difficultés relationnelles avec la gent féminine qui se montrait hostile envers elle, ses rencontres multiples avec des hommes qui voulaient l'épouser, sa rencontre avec un grand ami malade qui voulait lui léguer un million de dollars qu'elle a refusé alors qu'elle ne mangeait pas à sa faim à cette époque.

Il y a des moments troublants comme par exemple lorsqu'elle raconte qu'elle se voyait  comme le genre de filles qu'on retrouve morte dans une chambre un flacon vide de somnifères à la main.

Extrêmement lucide, très peu instruite, pleine de paradoxes, l'actrice ne cache rien et parle d'elle-même comme de quelqu'un qui a une tête bien vide mais qui a une grande soif d'apprendre.

Le livre laisse une impression étrange. Certains passages sont criants de bêtise et pourtant, cette femme ne laisse pas indifférent. Elle avait de l'instinct et elle avait capté l'essentiel des rapports humains. Et puis, c'était une vraie gentille.

Le livre s'achève sur le récit de quelques évênements alors que le nom de Marylin Monroe déchaînait déjà les passions.

Tout n'est pas raconté, comme la session photo avec André de Diennes que l'actrice avait suivi sur les routes d'Amérique, une de ses premières expériences en tant que modèle, alors qu'elle avait encore cette tignasse un peu rousse et crépue, bien avant qu'elle ne fasse des films et qu'elle ne soit connue. Ce voyage a donné lieu à un très beau livre d'ailleurs, les photos en couleurs ou noir et blanc font partie des plus belles de MM je trouve. 

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Rédigé par Mimi

Publié dans #Lecture

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