la vie (glamour) d'une blogueuse

Publié le 4 Mai 2012

Je n'étais pas là à la naissance de la blogosphère, je n'ai pas pris part au mouvement "skyblog", j'ai d'ailleurs par sa faute longtemps assimilé la bloglo toute entière à "prendre des photos de son chat", bref je ne me sentais pas concernée (en plus je n'avais pas de chat).  J'ai loupé les années explosives de la blogo à mon grand regret et l'apparition des blogs "stars". J'ai commencé à lire des blogs il y a à peine 3 ans. Et à blogger il y a un peu moins longtemps.Voilà. Et là, c'est en lisant de plus en plus de blogs que je me suis aperçue d'un truc.

On a souvent l'impression que la vie d'une blogueuse est merveilleuse tant ce qu'elle nous raconte a l'air formidable (vous remarquerez que je dis "blogueuse" parce qu'il se trouve que je ne lis quasiment exclusivement que des blogs tenus par des filles). Je disais donc qu'on a souvent cette impression que la blogueuse a une vie pas tout à fait comme tout le monde. Des plus petits détails de son quotidien aux grands évènements, tout ce qu'elle raconte a l'air formidable. La vie de la blogueuse apparaît toujours comme une suite sans fin de voyages, de rencontres exceptionnelles, de découvertes, de soirées, un tourbillon de bonne humeur et de choses fabuleuses.

Je vous arrête tout de suite. Ce n'est pas vrai. Disons oui, mais pas seulement.

Les crampes, le mal de nuque devant l'ordi qui plante, la déception du manque de réaction face à un article sur lequel on a passé 300 ans, et au contraire la surprise devant l'engouement d'un article posté à la va-vite mais dans lequel il y avait du coeur et de la spontanéité. L'attente fébrile des réactions du lectorat-la blogueuse crèverait plutôt que de l'avouer, mais soyons clairs, elle n'écrit pas "pour" elle, ça, elle pourrait le faire dans un moleskine. Et puis toutes les choses urgentes de la vraie vie qui passe après, pour poster un article avant minuit, le découragement face au manque d'inspiration et les livres qu'on se fait un devoir de lire pour ensuite en parler, le film qu'on a loupé et le sujet qui nous passe sous le nez. Et puis les prises de tête et les insomnies pour rendre plus joli ce petit espace, le renouveler sans cesse pour ne pas qu'il lasse, ne jamais le considérer comme acquis. Et enfin s'efforcer de le rendre fidèle à ce que nous sommes, s'inspirer sans calquer, savoir se dévoiler sans trop en montrer, et enfin ne tromper personne, ni les autres, ni soi-même.

Ca, c'est la réalité. C'est la réalité dont la blogueuse ne parle pas (parce qu'elle est bien trop occupée à s'agiter les neurones sur son prochain article, et on la comprend).

Ce qu'il y a de merveilleux dans la vie d'une blogueuse, ce n'est pas son quotidien. C'est la manière dont elle le perçoit. C'est le regard qu'elle porte sur les choses et sur les gens en général. C'est la capacité qu'elle a de transformer des banalités en petites pépites d'or. C'est aussi l'optimisme qui la porte et permet à ses tribulations de devenir sous un autre angle de vrais petites merveilles. Pour autant, il n'y a pas de mensonges là dedans. C 'est simplement une vision des choses, sous un certain angle.

C'est peut-être avant tout ça, la réalité d'une blogueuse. S'inspirer de tout ce qui l'entoure, tout le temps, tous les jours. Rester à l'affût de tout ce qui peut l'émouvoir, la surprendre, la remettre en question, l'émerveiller. Avoir un regard neuf à chaque instant, et écrire, écrire, écrire. Et s'appliquer à rendre les petits détails insignifiants totalement magiques. Parce qu'ils ne sont pas si insignifiants. Ils sont réellement magiques. Et ça, une blogueuse le sait bien.

Shanghai 2012 361

Rédigé par Mimi

Publié dans #un peu de moi (dedans)

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article