le goût du sel sur les lèvres #4

Publié le 22 Juillet 2011

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Benidorm, c’est pour moi l’exemple qui illustrait l’étude du tourisme de masse et la transformation du paysage dans mon livre de géo de 6eme. Longtemps, cette image m’est restée, celle d’une photographie en double page montrant la mer d’un bleu profond et surplombée par des immeubles s’élançant dans le ciel.

La ville est fidèle à cette photographie restée intacte dans mon souvenir. Un amoncellement d’immeubles très hauts et même pas beaux, gris ou rouge brique, marron foncé ou blanc (écaillé) qui bordent la plage. Les rues proches de la mer regorgent de boutiques où l’on peut se procurer des T-shirts avec des inscriptions telles que I Love Benidorm ou Spanish Activities : eating drinking fucking, avec dessins à l'appui, des serviettes de plage avec une mauvaise imitation de Betty Boop, des casquettes à ventilateur solaire ou encore des bibelots de dauphins à paillettes.

Nous n’allions jamais à la plage avant 17h, même en arrivant à cette heure-ci, j’ai cru plus d’une fois mourir de chaud. Un jour, alors que je sentais des gouttes de sueur perler au creux de ma poitrine, j’entendis une fille s’esclaffer d’un rire gras. Je me retournai et vis un groupe d’amies ouvrir une bouteille. Du champagne je crois. Une coupe à la main, l’une d’elle pianotait frénétiquement sur son téléphone. Une autre se leva précipitamment et ramassa sa serviette. Elle laissa négligemment sa coupe sur le transat et quitta la plage. Les autres filles se levèrent comme un seul homme et suivirent rapidement la première. La bouteille de champagne à moitié vide allait rester là, calée dans le sable, jusqu’à ce que quelqu’un la ramasse pour la jeter dans la poubelle à quelques mètres de là. Je me replongeai dans les lignes de Lucia Etxebarria. Le soir, nous allions manger des tapas. Le restaurant diffusait Fallen de Lauren Wood. Je n'avais plus entendu ce titre depuis que j’avais vu pour la dernière fois Pretty Woman et la scène où Julia Roberts et Richard Gere s’envolent pour assister à un opéra.

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J’ai vu plus de saletés que de coquillages dans le sable. J’ai vu aussi des bronzages trop foncés, la peau plissée de ceux qui ont abusé du soleil dans leur jeunesse, des topless et des seins siliconés. Il y a comme un goût des 90’s, à Benidorm.

Rédigé par Mimi

Publié dans #Espagne

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