lumineuse Shanghai #3

Publié le 21 Avril 2012

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Le ciel de Shanghai paraît épouvantable à ceux qui y vivent. Aux expatriés. A mon amie S. A ceux qui savent ce qu'est un ciel bleu éclatant avec de gros nuages blancs. A ceux qui savent ce que le mot "ensoleillé" veut dire. Le ciel bleu à Shanghai n'existe que sur les tickets d'entrée des grattes ciels de Pudong (je suis sûre que c'est un ciel fake d'ailleurs sur ces tickets). Le jour où j'ai visité la Pearl Tower, je crois qu'il y avait un pic de pollution. Sous mes pieds, je distinguais à peine les grosses avenues. L'air semblait avoir la même consistance que le fleuve Huangpu. Vaporeux et crémeux à la fois. De la dernière sphère de la Tour, je n'ai pris aucune photo. C'était inutile. Il paraît qu'on voit au loin le site de l'expo universelle de 2010. Par temps clair, ça doit être absulument magnifique.

Shanghai 2012 126Dans l'une des sphères, il y a un endroit où l'on peut marcher sur un sol de verre et coller son nez contre la paroie transparente, au-dessus de la ville. Moi j 'étais plutôt collée contre la paroie d'en face. Celle où le sol est en bois bien solide.

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Au pied de la Tour, après un gâteau chinois et une visite de musée, j'ai dit aurevoir à la jeune kazakhe aux yeux verts que j'avais rencontré dans un des ascenseurs tout en haut. Elle revenait de Thaïlande et bossait à Séoul. On s'est regardée et on a compris que ni l'une ni l'autre ne vivait ici. Il y a dans le regard des gens loin de chez eux quelque chose d'imperceptible. Une lumière, un petit quelque chose qui raconte la distance qui les sépare de chez eux. C'est cette même lumière imperceptible que l'on reconnaît dans les yeux de quelqu'un qui parle notre langue. C'est indescriptible, mais quand on rencontre un français par exemple, même à l'autre bout de la planête, on sait qu'il est français avant même qu'il ne prononce un mot.

La jeune fille a pris un taxi. Moi, j'ai grimpé sur le pont au milieu des immeubles trop grands et je suis partie en direction d'un mall ultra moderne.

Shanghai 2012 137-copie-1Après avoir mangé un repas plutôt moyen servie par une serveuse bizarre, j'ai voulu  rentrer et passer par le tunnel aux couleurs psychédéliques, mais il était fermé. Le chauffeur de taxi est passé par l'immense Nanpu Bridge. Mes yeux étaient rivés sur le compteur qui se fichait de moi. La machine s'emballait. Ce jour-là, je suis rentrée à l'hôtel avec la certitude de m'être fait arnaquer, mais j'avais le sourire aux lèvres.  Parce que j'avais pu dire au conducteur que sa machine s'emballait. Ca faisait 2 semaines que je retrouvais mes mots en chinois. Malgré l'accent parfois terrible, le mien, celui des autres, malgré les années qui ont passé depuis ma vie à Pékin, je parvenais quand même à parler, et à comprendre. En descendant du taxi, je ne pensais pas tellement aux 64 yuans que je venais de lâcher, je repensais aux paroles d'une amie. "C'est quand même la classe de parler chinois."

Oui. C'est quand même la classe.

Rédigé par Mimi

Publié dans #Shanghai

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