Paulette, émancipée?

Publié le 2 Mai 2012

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J'en ai tellement entendu parler que je voulais voir ça par moi-même. Je parle de Paulette, bien sûr, le magazine communautaire lancé par Irène Olczak. En 2010, c'était la version web, puis plus récemment, Paulette est apparue en version papier, mais n'est pas encore disponible en kiosque.

Petit historique : La fondatrice du projet Paulette, Irène O., après avoir été directrice artistique dans la  pub et la mode, en a eu marre de l'image des femmes qui y était véhiculée. Peut être aussi marre de cautionner tout ça d'une certaine façon en bossant dans le milieu, Irène a eu envie de revenir à de l'authenticité et ainsi, de créer un espace où les femmes puissent se reconnaître.

En tant que magazine communautaire, le magazine donne donc régulièrement la parole à ses lectrices. Certaines des rubriques, comme la boussole, la penderie de Paulette... sont des espaces dédiés entièrement aux lectrices. Elles sont directement invitées à écrire. Quand aux mannequins de Paulette des pages mode, ce sont toutes les lectrices qui voudront bien l'être et la rubrique Paulette c'est toi propose à une lectrice de faire la couverture du magazine. Le projet en lui même est innovant et intéressant.

Ouai. Sauf que. Je ne m'attarderai pas sur la forme qui est plutôt agréable, format, maquette, joli papier glacé, typo, variété des sujets abordés, mais sur le fond. Pour un magazine indépendant et qui revendique sa différence dans la presse féminine, je m'attendais à quelque chose de ... Comment dire? Incisif, percutant, qui bouscule les codes... Libre... Féministe? Oui, définitivement. Paulette n'est rien de tout ça. Le ton est ultra conventionnel et me fait parfois penser à Elle. Pas de prise de risque dans le contenu et le style. Paulette ne se mouille pas et c'est bien dommage pour un magazine indépendant qui se présente comme affranchi d'un certain type de presse féminine.  Ici on retrouve le même type de rubriques que dans les autres magazines et évidemment les rubriques beauté, mode, produits pour cheveux... Parler mode, une fois de plus dans un magazine féminin? OK, mais alors le faire avec un regard critique. Voire avec de l'auto-dérision. De plus, les articles ne sont pas très approfondis, tout reste assez léger, ça finit par sonner creux.

Au final, la totalité des sujets chez Paulette sont traités de manière à ne froisser et à ne bousculer personne. J'attendais du magazine qu'il soit un vrai petit électron libre au milieu de la presse et qu'il ait une vraie voix, comme l'ont eu avant lui d'autres magazines indépendants.

Ca me fait sourire quand je lis que Paulette propose un ton "décalé" parce qu' il n'y a rien de décalé dans Paulette.  Il ne suffit pas de proposer un horoscope "décalé" comme l'a fait le 20 ans d'Isabelle Chazot dans les années 90, ou comme le fait Causette aujourd'hui, ou encore de proposer un contenu qui vient des lectrices pour se dire être un magazine "décalé". Etre décalé, c'est offrir un véritable point de vue, à contre-courant. Comme le fait très justement et sans nous prendre pour des quiches  Causette.

Je dois encore recevoir les 2 prochains  Paulette. Je les lirai mais je sais à quoi m'en tenir.

Rédigé par Mimi

Publié dans #Lecture, #Mode&Style

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